BEGIN:VCALENDAR
VERSION:2.0
PRODID:-//https://association-lapostrophe.fr///NONSGML kigkonsult.se iCalcreator 2.10.15//
METHOD:PUBLISH
BEGIN:VEVENT
UID:20260408T130047CEST-8397T2Ulle@https://association-lapostrophe.fr/
DTSTAMP:20260408T110047Z
DESCRIPTION:Chers amis de la Poésie\, bonjour. \nJe vous rappelle que le : 
     Mardi 7 janvier 2025 dès 14h au Florida nous nous pencherons sur :\n  
                                                 ' La poétique de la maison
 '. \nBien évidemment il ne s'agit pas de décrire des maisons\, il faudra t
 out au contraire dépasser les problèmes de la description (qu'elle soit ob
 jective ou suggestive)\, pour atteindre les vertus premières c'est-à-dire 
 :\n                                                  'La fonction première
  d'habiter.'\nLa maison est notre coin du monde. Elle est notre premier un
 ivers. C'est une sorte de cosmos.\nNotre grand Lamartine ne disait-il pas 
 : 'Penser c'est vivre\, se souvenir c'est revivre'. \nJe vous attends donc
  pour penser et  'revivre' à l'aide de ce sujet passionnant. \nAmicalement
 . \nJ.GG. \n \nLes textes sont en Fichier PDF au bas de cette page et ci-d
 essous en clair :\n \nLA POETIQUE DE LA MAISON \n\n Texte n° 1  \nCharles 
 BAUDELAIRE\, 1821-1967 \nPetits poèmes en prose\nLES  FENÊTRES (extrait)\n
 \nCelui qui regarde du dehors à travers la fenêtre ouverte ne voit jamais 
 autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’
 objet plus profond\, plus mystérieux\, plus fécond\, plus ténébreux\, plus
  éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ce qu’on peut voir a
 u soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une v
 itre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie\, rêve la vie\, souffre la 
 vie.\nPar-delà des vagues de toits\, j’aperçois une femme mûre\, ridée déj
 à\, pauvre\, toujours penchée sur quelque chose\, et qui ne sort jamais. A
 vec son visage\, avec son vêtement\, avec son geste\, avec presque rien\, 
 j’ai refait l’histoire de cette femme\, ou plutôt sa légende\, et quelquef
 ois je me la raconte à moi-même en pleurant.\n                            
                :- :- :- :- :\n\nTexte n° 2    Marie-Louise BERGASSOLI\nMAI
 SON\n\nHier ! Mais quand était-ce ?\nIci – soudain – Hier n’existe pas\nHi
 er c’est aujourd’hui :\n\nLe même feu habite l’âtre\nUn même bois consume 
 allègrement\nToute une longue vie\nD’herbages\, de soleils\, de sève\, de 
 patience\,\nDe chants d’oiseaux\, d’Amour…de bruits de Vent …\n\nHier n’ex
 iste plus lorsque mon cœur se pose\nSur l’aile qui palpite au cœur de la M
 aison\,\nEt que l’on sent passer\nCette divine sensation\nD’être l’Enfant 
 qui dans l’adulte se repose\n\nLe silence se fait…arrondi…ouaté…\nUn silen
 ce vibrant où passent invisibles\nCes mille bruits\, ces choses indicibles
 \,\nEnsemble accordés\, avec l’aube du Monde\n\nLe Temps est suspendu dans
  une Eternité\nQui sans cesse s’allège…\nUne attente s’installe et secrète
  se fait\nEt complice et sereine…\n\nQuelqu’un va revenir…\nQui va passer 
 la porte…\nQuelqu’un qui ne m’a pas quittée…\n\nTexte n° 3  Marie-Louise B
 ERGASSOLI \nHEURE CHAUDE \n\nLà-bas\, passé le seuil\,\nAux lames des vole
 ts\,\nSe devinent\, vibrants\, des éclats de fournaise…\n\nLà-bas\, ce lou
 rd ruissellement \;\nMais ici\,\nL’ombre est bleue…immobile \;\nFraîche de
  la fraîcheur des grands carreaux poreux\nEt des beaux murs laiteux…\n\nEt
  puis dans la candeur de ce temps qui sommeille\,\nHabite\, quelque part u
 ne fraîcheur de source\,\nQui chante au fond de nous\,\nEt vient des jours
  anciens où nous avons grandi.\n\nQuelque part une heure qui s’allège\nEt 
 transparente s’arrondit.\n\nL’osier s’est assoupli sous le corps qui s’éva
 de\,\nEt le cœur se repaît de la sobre beauté\nD’un rayon que retient le v
 ernis de la table \;\nPuis le regard s’égaie\,\nCar il y a toujours ce pla
 t chargé de fruits\,\nComme un symbole offert\, posé sur la pénombre\,\nEt
  dans l’air\,\nLe fragile et doux bruit\nD’un insecte qui passe…\nL’été\, 
 le bel été\nEst tout entier dans cet espace.\n\nTexte n° 4 Rainer Maria RI
 LKE   1875-1926\nExtrait de : Les cahiers de Malte Laurids Bridge\n\n« Je 
 n’ai jamais revu par la suite cette étrange demeure. Telle que je la retro
 uve dans mon souvenir au développement enfantin\, ce n’est pas un bâtiment
  \; elle est fondue et répartie en moi : ici une pièce\, là une pièce et i
 ci tout au bout le couloir qui ne relie pas ces deux pièces\, mais est con
 servé en moi comme un fragment. C’est ainsi que tout est répandue en moi\,
  les chambres\, les escaliers qui descendaient avec lenteur\, d’autres esc
 aliers\, cages étroites montant en spirale dans l’obscurité des quels on a
 vançait comme le sang dans les veines. ».\n                               
          \nTexte n° 5 CHATEAUBRIAND 1768-1848 \nEXTRAIT DE «  Mémoires d’o
 utre-tombe »\n\n« Moi\, j’étais niché dans une espèce de cellule isolée\, 
 an haut e la tourelle de l’escalier qui communiquait de la cour intérieure
  aux diverses parties du château. Au bas de cet escalier le valet de chamb
 re de mon père et le domestique gisaient dans des caveaux voûtés\, et la c
 uisinière tenait garnison dans la grosse tour de l’ouest. »\nIl conclut pl
 us loin : \n « L’entêtement de mon père à  faire coucher un enfant seul en
  haut d’une tour  aurait pu  avoir quelque inconvénient mais il tourna à m
 on avantage. ». \n\nPour la petite histoire\, il est bon de noter que lors
  de travaux dans le château\, on trouva la momie d’un chat emmuré. Ce chat
  que l’on peut voir lors de visites du château\, est exposé dans la chambr
 e de l’écrivain. \n\nTexte n° 6   René Guy CADOU   1920-1951\nLA MAISON D’
 HELENE \n\n\nIl a suffi du liseron du lierre\nPour que soit la maison d’Hé
 lène sur la terre\n\nLes blés montent plus haut dans la glaise du toit\nUn
  arbre vient brouter les vitres et l’on voit\nDes agneaux étendus calmemen
 t sur les marches\nComme s’ils attendaient l’ouverture de l’arche.\nUne la
 mpe éparpille au loin son mimosa\n\nTrès tard les grands chemins passent s
 ous la fenêtre\nIl y a tant d’amis qu’on ne sait plus où mettre\nLe pain f
 rais\, le soleil et les bouquets de fleurs\nLe sang comme un pic-vert frap
 pe longtemps les cœurs\nRamiers faites parler la maison buissonnière\nEnne
 igez ses rameaux froments de la lumière\nQue l’amour soit donné aux bêtes 
 qui ont froid\nÀ ceux qui n’ont connu que la douceur des pierres\n\nSous l
 a porte d’entrée s’engouffre le bon vent\nOn entend gazouiller les fleurs 
 du paravent\nLe cœur de la forêt qui roule sous la table\nEt l’horloge qui
  bat comme une main d’enfant\n\nJe vivrai là parmi les roses du village\nA
 vec les chiens bergers pareils à mon visage\nAvec tous les sarments rejeté
 s sur mon front\nEt la belle écolière au pied du paysage.\n\nTexte n° 7 Re
 né Guy CADOU\n\nN° 7 LA SAISON DE SAINTE-REINE\n\nJe n’ai pas oublié cette
  maison d’école\nOù je naquis en février dix-neuf cent vingt\nLes vieux mu
 rs à la chaux ni l’odeur du pétrole\nDans la classe étouffée par le poids 
 du jardin\nMon père s’y plaisait en costume de chasse\nTous deux nous y av
 ions de tendres rendez-vous\nLorsqu’il me revenait d’un monde de ténèbres
 \nD’une Amérique à trois cents mètres de chez nous\nJe l’attendais couché 
 sur les pieds de ma mère\nComme un bon chien un peu fautif d’avoir couru\n
 Du jardin au grenier des pistes de lumière\nEt le poil tout fumant d’unive
 rs parcourus\nLa porte à peine ouverte il sortait de ses manches\nDes jeux
  de cartes des sous belges ou des noix\nEt je le regardais confiant dans s
 on silence\nPour ma mère tirer de l’amour de ses doigts\nIl me parlait sou
 vent de son temps de souffrance\nQuand il était sergent-major et qu’il mon
 tait\nDu côté de Tracy-le-Mont ou de la France\nLa garde avec une mitraill
 euse rouillée\nEt je riais et je pensais aux pommes mûres\nÀ la fraîcheur 
 avoisinante du cellier\nÀ ce parfum d’encre violette et de souillure\nQui 
 demeure longtemps dans les sarraus mouillés\nMais ce soir où je suis assis
  près de ma femme\nDans une maison d’école comme autrefois\nJe ne sais rie
 n que toi Je t’aime comme on aime\nSa vie dans la chaleur d’un regard d’av
 ant soi.\n\n\nExtrait du Recueil LES BIENS DE CE MONDE  \n Texte n° 8    C
 hambre d’hier\n\nDes mille chambres où j’ai vécu\nLa plus belle était un v
 iolon\nLe manteau de la cheminée\nCachait une âme disparue\n\nSous le vieu
 x cèdre de la lampe\nAprès une longue journée\nJe m’attardais j’avais des 
 craintes\nPour la suite des années  \n\nMais soudain la lumière éteinte\nQ
 uelle est cette voix inouïe  \nComme un fruit de coloquinte\nQui éclate da
 ns la nuit ? \n\nEst-ce un enfant qu’on pourchasse\nDans la rue à coups de
  fouet   \nUn cirque fantôme qui passe\nTrombonant sur les marais ?  \n\nC
 ’est la corde du cœur qui casse\nEt tout ce qui vient après\nN’est que la 
 plainte en surface\nD’un amour qui se défait.     \n\n                    
 \nIci le poète évoque les cours de violon qu’il a pris étant enfant.  Il s
 emble avoir habité l’instrument tout comme la cheminée était habitée par u
 ne âme disparue. Tout un passé surgit  à l’évocation de cette chambre musi
 cale. Et le cri qu’il entend n’est pas réel\, ce n’est que la plainte d’un
  amour qui se défait. \nL’intimité de la chambre devient notre intimité. L
 a chambre est en profondeur notre chambre. Le poète ne la voit plus\, il l
 a vit. \nBien entendu on ne reçoit pas tous les jours de telles images de 
 la même façon. \nTexte n° 9  Jean ARON \nDEHORS  extrait du recueil CHARDI
 N\n\nComme une coulée\nDe vieille colle\nLes lauzes glissent\nLa toiture g
 eint\nLe rossignol dentelle sa romance\nChaque réseau de fleurs grillage s
 es parfums\nLe temps ne veut plus rester en place\nLa ferme ne sait plus d
 epuis longtemps fermer ses portes\nLa pierre a soif de la brebis défunte\n
 Une robe d’odeurs frangées de vieux terreau\nDébouche du fond du quotidien
 \nTout un passé mourant qui ne veut pas mourir\nUn figuier planté là\nVagu
 e ses parfums lourds\nUn cri d’épervier déchire du sang neuf\nUn présent f
 ait d’orties\nSue des plaies vivantes\nDans le lointain\nL’enfant rappelle
  qu’il faut vivre.  \n\nTexte n° 10 LAMARTINE 1790-1869\nLa Vigne et la Ma
 ison\n\nEfface ce séjour\, ô Dieu ! de ma paupière\,\nOu rends-le moi semb
 lable à celui d’autrefois\,\nQuand la maison vibrait comme un grand cœur d
 e pierre\nDe tous ces cœurs joyeux qui battaient sous ses toits ! \n\nA l’
 heure où la rosée au soleil s’évapore\,\nTous ces volets fermés s’ouvraien
 t à sa chaleur\,\nPour y laisser entrer\, avec  la tiède aurore\,\nLes noc
 turnes parfums de nos vignes en fleur. \n\nOn eût dit que ces murs respira
 ient comme un être \nDes pampres réjouis la jeune exhalaison \; \nLa vie a
 pparaissait rose\, à chaque fenêtre\, \nSous les beaux traits d'enfants ni
 chés dans la maison.\n\nLeurs blonds cheveux épars au vent de la montagne\
 ,\nLes filles\, se passant leurs deux mains sur les yeux\,\nJetaient des c
 ris de joie à l'écho des montagnes\,\nOu sur leurs seins naissants croisai
 ent leurs doigts pieux.\n\nLa mère\, de sa couche à ces doux bruits levée\
 , \nSur ces fronts inégaux se penchait tour à tour\, \nComme la poule heur
 euse assemble sa couvée\, \nLeur apprenant les mots qui bénissent le jour.
 \n\n:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::\n\nEt les 
 bruits du foyer que l’aube fait renaître\nLes pas des serviteurs sur les d
 egrés de bois\, \nLes aboiements du chien qui voit sortir son maître\, \nL
 e mendiant plaintif qui fait pleurer sa voix.\n\nMontaient avec le jour \;
  et\, dans les intervalles\, \nSous des doigts de quinze ans répétant leur
  leçon\, \nLes claviers résonnaient ainsi que des cigales \nQui font tinte
 r l'oreille au temps de la moisson !\n\nPuis ces bruits d'année en année 
 \nBaissèrent d'une vie\, hélas ! et d'une voix \;\nUne fenêtre en deuil\, 
 à l'ombre condamnée\, \nSe ferma sous le bord des toits.\n…………………….\n\nPri
 ntemps après printemps\, de belles fiancées \nSuivirent de chers ravisseur
 s\, \nEt\, par la mère en pleurs sur le seuil embrassées\, \nPartirent en 
 baisant leurs soeurs.\n\nPuis sortit un matin pour le champ où l'on pleure
  \nLe cercueil tardif de I'aïeul\, \nPuis un autre\, et puis deux \; et pu
 is dans la demeure\nUn vieillard morne resta seul !\n\nPuis la maison glis
 sa sur la pente rapide\nOù le temps entasse les jours \;\nPuis la porte à 
 jamais se ferma sur le vide\,\nEt l’ortie envahit les cours !...\n\n      
                      \nTexte n° 11      Rainer Maria Rilke 1875-1926\nExtr
 ait de VERGERS\n\nO nostalgie des lieux…\n\nÔ nostalgie des lieux qui n’ét
 aient point\nAssez aimés à l’heure passagère\, \nQue je voudrais leur rend
 re de loin\nLe geste oublié\, l’action supplémentaire ! \n\nRevenir sur me
 s pas\, refaire doucement\net cette fois fois\, seul – tel voyage\,\nreste
 r à la fontaine davantage\,\ntoucher cet arbre\, caresser ce banc…\n\nCar 
 n’est-ce pas le temps où il importe\nDe prendre un contact subtil et pieux
  ?\nTel était fort\, c’est que la terre est forte \;\nEt tel se plaint : c
 ’est qu’on la connaît peu. \n\n                     \nParfois les songes d
 escendent si profondément dans un passé indéfini\, dans un passé débarrass
 é de ses dates\, que les souvenirs de la maison natale paraissent se détac
 her de nous. \n\nNotre passé est dans un ailleurs et une irréalité imprègn
 e les lieux et les temps.\n\n\nTexte n° 12 Pierre SEGHERS 1906-1987\nUne m
 aison où je vais seul\n\nUne maison où je vais seul en l’appelant\nUn nom 
 que le silence et les murs me renvoient\nUne étrange maison qui se tient d
 ans ma voix\nEt qu’habite le vent\nJe l’invente\, mes mains dessinent un n
 uage\nUn bateau de grand ciel au-dessus des forêts\nUne brume qui se dissi
 pe et disparaît\nComme au jeu des images.\n\n                             
            \nTexte n° 13 Victor HUGO 1802-1885\nAux Feuillantines extrait 
 du recueil Les Contemplations\n\nMes deux frères et moi\, nous étions tout
  enfants. \nNotre mère disait: jouez\, mais je défends\nQu'on marche dans 
 les fleurs et qu'on monte aux échelles.\n\nAbel était l'aîné\, j'étais le 
 plus petit.\nNous mangions notre pain de si bon appétit\,\nQue les femmes 
 riaient quand nous passions près d'elles.\n\nNous montions pour jouer au g
 renier du couvent.\nEt là\, tout en jouant\, nous regardions souvent\nSur 
 le haut d'une armoire un livre inaccessible.\n\nNous grimpâmes un jour jus
 qu'à ce livre noir \;\nJe ne sais pas comment nous fimes pour l'avoir\,\nM
 ais je me souviens bien que c'était une Bible.\n\nCe vieux livre sentait u
 ne odeur d'encensoir.\nNous allâmes ravis dans un coin nous asseoir.\nDes 
 estampes partout ! quel bonheur ! quel délire!\n\nNous l'ouvrîmes alors to
 ut grand sur nos genoux\,\nEt dès le premier mot il nous parut si doux\nQu
 'oubliant de jouer\, nous nous mîmes à lire.\n\nNous lûmes tous les trois 
 ainsi\, tout le matin\,\nJoseph\, Ruth et Booz\, le bon Samaritain\,\nEt\,
  toujours plus charmés\, le soir nous le relûmes.\n\nTels des enfants\, s'
 ils ont pris un oiseau des cieux\,\nS'appellent en riant et s'étonnent\, j
 oyeux\,\nDe sentir dans leur main la douceur de ses plumes.\n\n\nTexte n° 
 14 Yves BONNEFOY 1923-\nLa maison natale  extrait du recueil Les planches 
 courbes \n\nJ’ouvre les yeux\, c’est bien la maison natale\,\nEt même cell
 e qui fut et rien de plus.\nLa même petite salle à manger dont la fenêtre
 \nDonne sur un pêcher qui ne grandit pas.\nUn homme et une femme sont assi
 s\nDevant cette croisée\, l’un face à l’autre\,\nIls se parlent\, pour une
  fois. L’enfant\nDu fond de ce jardin les voit\, les regarde\,\nIl sait qu
 e l’on peut naître de ces mots.\nDerrière les parents la salle est sombre.
 \nL’homme vient de rentrer du travail. La fatigue\nQui a été le seul nimbe
  des gestes\nQu’il fut donné à son fils d’entrevoir\nLe détache déjà de ce
 tte rive. \n\n\nTexte n° 15 Jacqueline GHIO-GERVAIS\nMaison à vendre extra
 it du recueil  « A Nuitée »\n\nJ’avais cru…\nMais il faut se résoudre.\nDe
 main s’habillera de deuil.\n\nEtrange face-à-face d’un miroir\nOù se lit d
 u regret la morsure\nEt d’un sourire peint à la déterminée.\n\nCe soir\nL’
 épaisseur du silence reproche un abandon…\nDepuis la lampe aveugle assiégé
 e par les ombres\nA la vitre\nOù le ciel s’est usé tant de fois.\n\nDemain
  bâillonnera\nEt ces rires d’enfants\nQue les lares retiennent\nEt ces tra
 ces de doigts\nÇà et là devinées.\nEclats de joie incluse au derme des ann
 ées.\nCe soir vibre le cœur des pierres\nTaillant à mots précis les veines
  du passé.\nCe soir\nTout semble croire encore…\nC’est l’ultime et vaine p
 rière…\nDemain…\n                Mémoires…\n\n Le retour à la maison natal
 e peut être considéré comme un retour à la mère. Mère et maison cohabitent
 . L’intimité de la maison « bien fermée » appelle d’autres intimités\, en 
 particulier l’intimité de giron maternel et ensuite du sein maternel. \n\n
 Texte n°16  extrait du roman\nA mots couverts de Jacqueline Ghio-Gervais\n
 \nEt c’est ainsi qu’un matin\, quand la rosée larmoie aux longs doigts de 
 la treille\, alors qu’au tremblé de l’air pâle\, tout juste émergés du som
 meil\, frissonnent les contours du décor\, il réveilla sa demeure assoupie
 .\nC’était…quelque part où glisse une rivière en chuchotis bavards. Aux ab
 ords truffés de fougères\, à l’ombre d’acacias fourrés de roucoulades\, du
 rant que de grands saules mêlent leur chevelure au froissement de l’eau où
  se noient\, confondus\, le bleu tombé du ciel et la rouille des pierres.
 \nC’était…au détour d’un chemin chaotique et pierreux\, griffé de ronces\,
  pavé de mousse délicate\, longé de châtaigniers squattés par les oiseaux.
  \nElle le reçut\, coiffée de lauzes bleues\, cernée d’hortensias mauves. 
 Quelques réticences firent grincer les gonds de sa porte branlante. Sans é
 gard\, François la bouscula\, fenêtres grands ouvertes\, pour la tirer de 
 sa torpeur. Sous un tulle de soie grise\, l’haleine alourdie de salpêtre e
 t de vieille suie froide\, ses vastes pièces\, pressées de boire le soleil
 \, criaient de solitude. Leur vétusté le confondit.\nIl s’en reprocha l’ab
 andon\, s’en disculpa par la surcharge de travail dont l’accablait son cab
 inet\, l’aversion de Camille pour la campagne…\nEnfin\, juge et partie\, F
 rançois pour en finir\, s’accorda que tel était le sort d’un lieu inhabité
  depuis…Il hésita. Compter lui faisait mal. \nA l’abri de sa tour séculair
 e\, la vis de pierre conduisant à l’étage se réveilla à son pas rapide. Fa
 ce à la porte de sa chambre\, il prit un temps pour respirer\, calmer les 
 battements de son cœur impatient. Sa main caressa le bois lisse\, gardien 
 d’empreintes innombrables.\nLa chambre de Madeleine\, réceptacle de tant d
 e larmes\, de secrets jalousement tus\, l’attendait. \nSitôt pénétré\, un 
 flux d’images le submergea. Fermant les yeux\, il se livra aux doigts joue
 urs de cette vague montante\, comme un nageur s’en laisse pétrir\, pour ba
 sculer dans l’autre monde. \nLà\, dans un silence douillet\, bruissant de 
 confidences qu’une oreille avertie pouvait entendre chuchoter\, c’était l’
 immobilité du temps qu’il visitait. Non pas le froid silence de la mort\, 
 point de chute de tant d’alarmes\, mais un entre-temps à l’arrêt s’ouvrant
  comme une orange avec goût connu\, qu’il croyait avoir oublié\, dont le t
 endre réveil le faisait saliver. Sans commencement. Sans limites\, sans me
 sures possibles. Dépourvu de répétitions. Seule une continuité\, ouatée de
  ce subtil parfum d’orange abolissant l’absence\, l’envahissait. \nPar-del
 à la fêlure du temps\, l’âme de la maison l’accueillait. Invisible gardien
 ne\, rempart contre l’oubli\, elle occupait l’espace. Et son invite avait 
 l’incomparable couleur de l’enfance quand tout était futur\, quand tout ét
 ait peut-être. \nNé d’une pression des paupières\, entre ses cils mi-clos\
 , un faisceau d’étoiles l’illumina. Pêle-mêle\, à portée de cœur\, un pass
 é trop présent agitait ses blessures. Pris de vertige\, il vacilla.\nAille
 urs\, le temps\, ronde infernale\, glissait autour de lui\, effritant ses 
 souvenirs dont il essayait pourtant d’assembler les brisures. Il n’en rest
 ait qu’une fluidité d’aquarelle. \nIci\, rien ne changeait. Le temps s’att
 ardait à plaisir…\n\n                                           :- :- :- :
 -\n\nAinsi s’achève notre réflexion sur la po&ea https://association-lapos
 trophe.fr/component/rseventspro/evenement/297-conference-la-poetique-de-la
 -maison?Itemid=101
DTSTART:20250107T130000Z
DTEND:20250107T153000Z
LOCATION:Maison de Quartier Le FLORIDA (1 Boulevard Auguste Comte\, 13010\,
  10e Arrondissement\, Marseille\, Bouches-du-Rhône\, Provence-Alpes-Côte d
 'Azur)
SUMMARY:Conférence : 'La Poétique de la maison'
URL:https://association-lapostrophe.fr/component/rseventspro/evenement/297-
 conference-la-poetique-de-la-maison?Itemid=101
END:VEVENT
END:VCALENDAR
