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DESCRIPTION:Chers adhérents\, Bonjour. \nAprès\, je l'espère\, de joyeuses 
 fêtes de Pâques\, je vous donne rendez-vous au Florida le  :\n            
                             Mardi 2 Avril à 14 h  pour une rencontre avec 
 : Albert CAMUS\nVous trouverez ci-dessous les extraits qui seront lus ains
 i que leur fichier PDF imprimable au bas de cette page.\nDans l'attente du
  plaisir de vous retrouver\, cordialement\,\nJacqueline GHIO-GERVAIS \n \n
                        ALBERT CAMUS 1913-1960 \nN° 1\nPour moi\, je sais q
 ue ma source est dans ce monde de pauvreté et de lumière où j’ai longtemps
  vécu et dont le souvenir me préserve encore des deux dangers contraires q
 ui menacent tout artiste\, le ressentiment et la satisfaction.\nN° 2 LE PR
 EMIER HOMME extrait\nJe vivais dans la gêne\, mais aussi dans une sorte de
  jouissance. Le couloir puant\, la petite chaise crevée\, les cafards qui 
 rampent dans l’escalier\, la fenêtre minuscule\, c’est le prix à payer pou
 r atteindre la lumière\, le ciel clouté d’étoiles\, les sillages de senteu
 rs qui embaument la chambre du pauvre comme celle du roi. L’été et la nuit
  qui donnent à leur façon\, muette et latente\, les plus grandes leçons de
  la vie. Les yeux levés\, dit-il\, se revoyant enfant\, il buvait à même l
 a nuit pure. Nuits de Belcourt\, tyranniques de chaleur mais immenses et v
 astes comme la mer\, qui lui enseignent la fidélité et la ténacité muette\
 , les deux grandes vertus d sa vie d’adulte qui feront son œuvre sincère e
 t profondément vraie.\nN°3 LE PREMIER HOMME extrait\nIl voyait arriver ave
 c soulagement les journées de douze heures du lycée\, en même temps que gr
 andissait en lui la gêne d’avoir à déclarer au bureau qu’il abandonnait so
 n emploi. Le plus dur avait été la quincaillerie. Il aurait lâchement préf
 éré ne pas aller au bureau et que la grand-mère y allât pour expliquer n’i
 mporte quoi. Mais la grand-mère trouvait tout simple de supprimer toutes l
 es formalités\, il n’avait qu’à toucher sa paie et ne plus y retourner\, s
 ans autres explication. Jacques\, qui eût trouvé tout naturel d’envoyer sa
  grand-mère encaisser les foudres du patron\, et dans un sens\, il est vra
 i qu’elle était responsable de la situation et du mensonge qu’elle entraîn
 ait\, s’indignait cependant\, sans pouvoir expliquer pourquoi\, devant cet
 te dérobade \; de surcroît\, il trouva l’argument convaincant : « Mais le 
 patron enverra quelqu’un ici. » C’est vrai dit la grand-mère. Eh bien\, tu
  n’as qu’à lui dire que tu vas travailler chez ton oncle. Jacques partait 
 déjà avec la damnation au cœur\, lorsque la grand-mère lui dit : Et surtou
 t prends d’abord ta paie. Tu lui parleras ensuite. »\n\nN° 4 LE PREMIER HO
 MME extrait Mentir pour avoir le droit de ne pas prendre de vacances\, tra
 vailler loin du ciel de l’été et de la mer qu’il aimait tant\, et mentir e
 ncore pour avoir le droit de reprendre son travail au lycée\, cette injust
 ice lui serrait le cœur à mourir. Car le pire n’était pas dans ces mensong
 es qui finalement il était incapable de proférer\, toujours prêt au menson
 ge de plaisir et incapable de se soumettre au mensonge de nécessité\, mais
  surtout dans ces joies perdues\, ces repos de la saison et de la lumière 
 qui lui étaient ravis\, et l’année n’était plus alors qu’une suite de leve
 rs hâtifs et de journées mornes et précipitées.\nN° 5 LE PREMIER HOMME ext
 rait\nOui\, il était un homme\, il payait un peu de ce qu’il devait\, et l
 ’idée d’avoir diminué un peu la misère de cette maison l’emplissait de cet
 te fierté presque méchante qui vient aux hommes lorsqu’ils commencent de s
 e sentir libres et soumis à rien.\n…………………………………….\nEt si un jour\, lui qu
 i avait jusque-là accepté patiemment d’être battu par sa grand-mère comme 
 si cela faisait partie des obligations inévitables d’une vie d’enfant\, lu
 i arracha le nerf de bœuf des mains\, soudainement fou de violence et de r
 age et si décidé à frapper cette tête blanche dont les yeux clairs et froi
 ds le mettaient hors de lui que la grand-mère le comprit\, recula et parti
 t s’enfermer dans sa chambre\, gémissant certes sur le malheur d’avoir éle
 vé des enfants dénaturés mais convaincue déjà qu’elle ne battrait plus jam
 ais Jacques\, que jamais plus en effet elle ne battît\, c’est que l’enfant
  en effet était mort dans cet adolescent maigre et musclé\, aux cheveux en
  broussailles et au regard emporté\, qui avait travaillé tout l’été pour r
 apporter un salaire à la maison\, venait d’être nommé gardien de but titul
 aire de l’équipe du lycée et\, trois jours auparavant\, avait goûté pour l
 a première fois\, défaillant\, à la bouche d’une jeune fille.\nN° 6\n« Tou
 te orthodoxie repose sur des conventions\, et la première de toutes est qu
 ’il faut se ranger à l’avis soit d’une majorité\, soit d’un chef et\, une 
 fois que cette majorité ou ce chef se sont prononcés\, se ranger à leu avi
 s sous peine de d’être banni de la société. »\nN°7\n« Au fond\, bien au fo
 nd de cette vie qui nous séduit tous\, il n’ya qu’absurdité\, et encore ab
 surdité. »\nIl se reprend pourtant :\n«  Et c’est tout ça qui peut-être fa
 it notre joie de vivre. Parce qu’il n’y a qu’une chose à opposer à l’absur
 dité c’est la lucidité. »\n\nN° 8 La Morale de l’absurde :\nJe tire de l’a
 bsurde\, dit Camus\, trois conséquences qui sont : ma révolte\, ma liberté
 \, ma passion. Par le seul jeu de ma conscience\, je transforme en règle d
 e vie ce qui était invitation à la mort\, et je refuse le suicide.\n\nN° 9
  Extrait de NOCES A TIPASA\n\nAu printemps\, Tipasa est habitée par les di
 eux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes\, la mer 
 cuirassée d’argent\, le ciel bleu écru\, les ruines couvertes de fleurs et
  la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres. A certaines heures\
 , la campagne est noire de soleil. Les yeux tentent vainement de saisir au
 tre chose que des gouttes de lumière et de couleurs qui tremblent au bord 
 des cils. L’odeur volumineuse des plantes aromatiques racle la gorge et su
 ffoque dans la chaleur énorme. A peine\, au fond du paysage\, puis-je voir
  la masse noire du Chenoua qui prend racine dans les collines autour du vi
 llage\, et s’ébranle d’un rythme sûr et pesant pour aller s’accroupir dans
  la mer.\nN°10 Extrait de NOCES A TIPASA\nAu bout de quelques pas\, les ab
 sinthes nous prennent à la gorge. Leur laine grise couvre les ruines à per
 te de vue. Leur essence fermente sous la chaleur\, et de la terre au solei
 l monte sur toute l’étendue du monde un alcool généreux qui fait vaciller 
 le ciel. Nous marchons à la rencontre de l’amour et du désir. Nous ne cher
 chons pas de leçons\, ni l’amère philosophie qu’on demande à la grandeur. 
 Hors du soleil\, des baisers et des parfums sauvages\, tout nous paraît fu
 tile. Pour moi\, je ne cherche pas à y être seul. J’y suis souvent allé av
 ec ceux que j’aimais et je lisais sur leurs traits le clair sourire qui pr
 enait le visage de l’amour. Ici je laisse à d’autres l’ordre et la mesure.
  C’est le grand libertinage de la nature et de la mer qui m’accapare tout 
 entier. Dans ce mariage des ruines et du printemps\, les ruines sont redev
 enues pierres\, et perdant le poli imposé par l’homme\, sont rentrées dans
  la nature. Pour le retour de ces filles prodigues\, la nature a prodigué 
 des fleurs. Entre les dalles du forum\, l’héliotrope pousse sa tête ronde 
 et blanche\, et les géraniums rouges versent leur sang sur ce qui fut mais
 ons\, temples et places publiques. Comme ces hommes que beaucoup de scienc
 e ramène à Dieu\, beaucoup d’années ont ramené les ruines à la maison de l
 eur mère. Aujourd’hui enfin leur passé les quitte\, et rien ne les distrai
 t de cette force profonde qui les ramène au centre des choses qui tombent.
 \nN°11 Extrait de L’ETE\nEt c’est ici peut-être que je pourrais cesser tou
 te ironie. Après tout\, la meilleure façon de parler de ce qu’on aime est 
 d’en parler légèrement. En ce qui concerne l’Algérie\, j’ai toujours peur 
 d’appuyer sur cette corde intérieure qui lui correspond en moi et dont je 
 connais le chant aveugle et grave. Mais je puis bien dire au moins qu’elle
  est ma vraie patrie et qu’en n’importe quel lieu du monde\, je reconnais 
 ses fils et mes frères à ce rire d’amitié qui me prend devant eux. Oui\, c
 e que j’aime dans les villes algériennes ne se sépare pas des hommes qui l
 es peuplent. Voilà pourquoi je préfère m’y trouver à cette heure du soir o
 ù les bureaux et les maisons déversent dans les rues\, encore obscures\, u
 ne foule jacassante qui finit par couler jusqu’aux boulevards devant la me
 r et commence à s’y taire\, à mesure que vient la nuit et que les lumières
  du ciel\, les phares de la baie et les lampes de la ville se rejoignent p
 eu à peu dans la même palpitation indistincte. Tout un peuple se recueille
  ainsi au bord de l’eau\, mille solitudes jaillissent de la foule. Alors c
 ommencent les grandes nuits d’Afrique\, l’exil royal\, l’exaltation désesp
 érée qui attend le voyageur solitaire…\nNon\, décidément\, n’allez pas là-
 bas si vous vous sentez le cœur tiède\, et si votre âme est une bête pauvr
 e ! Mais\, pour ceux qui connaissent les déchirements du oui et du non\, d
 e midi et des minuits\, de la révolte et de l’amour\, pour ceux enfin qui 
 aiment les bûchers devant la mer\, il y a\, là-bas\, une flamme qui les at
 tend.     (1947)\n\n https://association-lapostrophe.fr/component/rsevents
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