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DESCRIPTION:Vous trouverez ci-dessous les textes qui seront lus au cours de
  l'après-midi. \nIls sont aussi en pièce jointe imprimable au format PDF (
 le lien est tout en bas de cette page).\nBien entendu\, des photocopies se
 ront\, comme toujours\, à votre disposition.\n \nTexte n° 1 Extrait de « C
 ollines » JEAN GIONO \n« Un silence tombe. Depuis l’incendie\, le silence 
 est encore plus lourd qu’avant : les arbres ne le tiennent plus relevé au-
 dessus des hommes\, il écrase la terre de tout son poids. Puis au milieu d
 e la lande noire\, monte le hurlement d’un chien. - Alors ? - Alors\, c’es
 t lui\, faut pas douter. - Janet ?   Gondran se mord la main\, cette main 
 énorme qui ne peut rien dans l’affaire. Il l’enlève de devant sa bouche po
 ur laisser sortir sa pensée. -C’est bien ça\, je ne disais rien\, mais j’a
 vais compris. Pas comme tu le dis\, tu es plus fort que nous\, mais je m’e
 n doutais. Tu as raison\, c’est de Janet que ça vient\, mais y a rien à fa
 ire.\n     - Si.         -Quoi ?    Sous la lèvre de Jaume on voit une den
 t toute jaune\, elle disparaît. - Il faut le tuer\, dit-il.   Ca ne rentre
  pas tout d’un coup\, des idées comme ça : elle disparaît. - Non de dieu !
  fait Arbaud\, quand il a compris.\nMaintenant que la chose énorme et lour
 de est sortie\, Jaume respire mieux. Il est devenu subitement tout rouge :
  de grosses veines serrent ses tempes comme les racines d’un chêne. Il par
 le d’une voix sans élan qui passe juste de sa bouche\, puis tombe le long 
 de lui\, et il est au sein de ses paroles\, la personnification de son idé
 e\, comme un saint de bois dans son manteau.\n\nIl faut le tuer\, c’est le
  seul moyen. Il est peut-être déjà en train de combiner ce qui doit nous t
 uer\, nous autres. C’est une question de savoir si nous voulons vivre\, si
  nous voulons sauver Babette\, les petites\, les Bastides. Il ne nous rest
 e plus que ça pour nous défendre. Nous avons lutté contre le corps de la c
 olline. Il faut écraser la tête. Tant que la tête sera droite\, on risquer
 a la mort.\n- C’est un homme dit Gondran. »\n\nTexte n° 2 extrait : Un de 
 Baumugnes \n- En fait de saloperie\, dit Clarius\, tu es allée voir ?   - 
 Moi ? que je demande.\n- Non\, pas toi\, la mère.     Maman Philomène quit
 te sa vitre : - J’y vais.\nJe dis : - Si vous sortez maîtresse\, prenez mé
 fiance\, la cour est pleine de branches arrachées.\nPas de réponse\, le br
 uit des savates\, puis\, j’entends s’ouvrir la porte de la cave et maman P
 hilomène qui descend\, sans lumière\, en tâtant l’ombre de son pied de cot
 on. Un moment encore\, puis la voix de la femme monte : - Clarius\, vient 
 un peu. Et celui-là tire la porte sur lui.\nOn n’était plus que tous les d
 eux. Saturnin et moi. Des éclairs éclaboussaient encore la fenêtre mais tr
 op vite pour fendre cette encre qui emplissait la cuisine. Il était donc p
 ar là-dedans\, avec moi\, quelque part\, dans un coin. A tout hasard\, san
 s intention\, je vous jure\, seulement pour mettre un peu de vie dans cett
 e nuit qui était vraiment de trop\, à la fin\, je dis : Il doit y avoir de
  l’eau dans la cave. < <Et j’entends près de moi le vieux qui dit \, dans 
 son rire pareil à du pleurer : - « Non compagnon\, non\, avec moi\, il n’y
  a rien à faire ».\nIl pensait à ça lui aussi. Alors pour me mettre un peu
  à l’aise\, et dans des choses saines\, j’ouvre la porte sur la pluie et j
 e sors. Et c’est ce soir-là que je l’ai vue. Oui\, c’est ce soir-là que\, 
 pour la première fois je l’ai vue\, elle\, celle qui était comme une lampe
  dans la tête d’Albin\, Angèle\, la fille aux gestes justes\, la meneuse d
 e chevaux\, l’amande de la Douloire. Elle avait dû beaucoup changer. Quand
  une pomme tombe du pommier\, que voulez-vous\, les vers s’y mettent. Enfi
 n\, moi\, je m’en étais fait une autre idée et peut-être bien qu’elle avai
 t été\, une fois\, pareille à cette idée. Pourtant elle eut un geste qui é
 tait bien d’elle\, du temps des beaux jours. Voilà : dehors\, la pluie tom
 bait comme une fine étoffe et le torrent ne coulait plus contre le flanc d
 e la Douloire. Je tourne derrière la maison \; tout de suite je vois dans 
 l’ombre une raie d’or qui fendait le mur\, une porte entrebaîllée et de la
  lumière derrière. Il m’a fallu beaucoup de précaution pour marcher sans b
 ruit dans le gravier. J’ai dû enlever mon chapeau parce\, que dessus\, la 
 pluie y jouait au tambour. Et je les ai vus : Clarius tenait la lanterne.
 \n\nMonte\, disait maman Philomène\, la figure penchée sur l’escalier.\n\n
 J’entends un petit pas. Il me semblait que le bruit de mon cœur grondait à
  des kilomètres autour de moi comme un tonnerre. - Attends\, maman\, dit l
 a voix – sa voix qui me coupa l’haleine     – j’ai peur qu’il s’éveille.\n
 \n-Nom de Dieu.. commença la grosse voix de Clarius. Et l’autre ferma la b
 ouche. Elle parut dans la raie d’or. Oh\, doucette des prés\, elle tenait 
 sur son bras amolli comme une corbeille\, un enfantelet\, tête ballante : 
 le Jésus ! De la porte entrebâillée sur l’orage coulait une petite langue 
 d’air frais. Elle regarde avec sa colère de fille ce méchant air froid\, p
 uis\, de sa main qui est comme une feuille\, elle couvre la petite tête sa
 ns cheveux. »\n\nTexte n° 3 extrait de : Regain. \nOui\, dit Panturle. Il 
 crache dans les braises\, puis il reprend :- Oui\, il faudrait une femme. 
 L’envie m’en prend quelquefois aux beaux jours. Mais\, où elle est\, celle
 -là qui voudrait venir ici ?\n\nOù elle est ? Elle est partout si tu la fo
 rces.\n- Ah\, tu crois\, toi que ça se fait comme ça ?\n- Tu n’es rien alo
 rs ?\n- Je suis comme les autres\, mais je te dis : ça ne se fait pas comm
 e ça. Il faut que ça vienne de plus loin et de longtemps.\nSi je t’en mène
  une\, tu la prends ?\n\nPanturle s’arrête de mâcher sa chique. Il regarde
  la Mamèche au fond des yeux\, pour voir. Il est comme ça tout immobile et
  tout muet\, à chercher… Elle répète :\n\n- Si je t’en mène une\, moi\, de
  femme\, tu la prends ?\n\nAlors il opine profondément avec la moitié de s
 on corps et il dit :\n\nOui ! Je la prends ! ».\n\nTexte n° 4     extrait 
 de : « Regain » \nDans le chemin qui descend il y a Arsule et ses galoches
 \, on les entend toutes les deux. Arsule chante. La voilà qui tourne la ha
 ie. Elle vient. Elle traîne un peu les pieds. Elle bouge un peu les épaule
 s en marchant comme s’il fallait aider les jambes avec toutes les forces d
 u corps. Elle s’est alourdie \; elle s’est alentie. Elle joue avec une bra
 nche d’aubépine. Il la regarde venir. Elle va\, sur l’herbe neuve\, en cho
 isissant des places où il n’y a pas encore des pâquerettes. La voilà.\n\nE
 t tu es là\, au mourant du soleil ?\nAh ! il lui dit\, je pense…\nIl la vo
 it avec des yeux neufs. Il la voit dans son ampleur et son aplomb. Il éten
 d son bras : Arrête-toi\, attends un peu\, fille. Puis : - Approche-toi\, 
 fais-toi voir.\n\nElle vient contre lui. Il la saisit par ses hanches cour
 bes. Elle est comme une jarre entre ses mains.\n\n-On dirait… tu n’étais p
 as si grosse…\n\nIl tient dans ses mains toute la rondeur de la jarre de c
 hair. Il interroge comme ça\, de bas en haut. Elle a baissé son visage ple
 in de contentement comme le ciel.\n\n- Oui\, elle dit : maintenant tu sais
 .     - C’est sûr ?\n- Franc comme l’or et déjà vivant et\, l’autre nuit\,
  j’ai senti un coup de son pied là. Elle tâte son flanc.\n- Tu m’as dit : 
 « Qu’est-ce que tu as ? » Je t’ai dit : »Rien. »\n\nIl se dresse. Il a mis
  son bras sur l’épaule de la femme. Voilà. Elle a encore sur ses épaules c
 e bras nu qui est comme un poids d’eau.    - Fille… C’est tant de choses q
 u’il y a à dire que mieux vaut dire : « Fille »\, puis rester là. Et tout 
 ce qui est encore à dire\, on le laisse dans le chaud du cœur où c’est sa 
 place. Elle souffle encore le long de lui :\n- J’y pense et j’en ai des ch
 atouilles dans les mains et sur la bouche et je languis de l’avoir dans me
 s doigts et de le baiser sur son partout où je pourrai\, de tous les côtés
 . Elle dit encore au bout d’un moment :\n- Je serai bonne nourrice\, je se
 ns mes seins qui germent.\nExtrait n° 5     Le hussard sur le toit\nTenail
 lé par la faim\, Angélo se risque à quitter le grenier\, où il s’était réf
 ugié\, pour descendre aux cuisines :\nA partir d’ici il y avait un tapis d
 ans l’escalier. Quelque chose passa entre les jambes d’Angélo. Ce devait ê
 tre le chat. Il y avait vingt-trois marches entre le grenier et le troisiè
 me \; vingt-trois entre le troisième et le second. Angélo était sur la vin
 gt et unième marche\, entre le second et le premier quand\, en face de lui
 \, une brusque raie d’or encadra une porte qui s’ouvrit. C’était une très 
 jeune femme. Elle tenait un chandelier à trois branches à la hauteur d’un 
 petit visage en fer de lance encadré de lourds cheveux bruns.\n\nJe suis u
 n gentilhomme\, dit bêtement Angélo.\nIl y eut un petit instant de silence
 \, et elle dit :\nJe crois que c’est exactement ce qu’il fallait dire. Ell
 e tremblait si peu que les trois flammes de son chandelier étaient raides 
 comme des pointes de fourche.\n- C’est vrai\, dit Angélo.\n- Le plus curie
 ux est qu’en effet cela semble vrai\, dit-elle.\n-Les brigands n’ont pas d
 e chat\, dit Angélo qui avait vu le chat glisser devant lui.\nMais qui a d
 es chats ? dit-elle\n- Celui-ci n’est pas à moi\, dit Angélo\, mais il me 
 suit parce qu’il a reconnu un homme paisible.\n- Et que fait un homme pais
 ible à cette heure et là où vous êtes ?\n- Je suis arrivé dans cette ville
  il y a trois ou quatre jours\, dit Angélo\, j’ai failli être écharpé comm
 e empoisonneur de fontaine. Des gens qui avaient de la suite dans les idée
 s m’ont poursuivi dans les rues. En me dissimulant dans une encoignure une
  porte s’est ouverte et je me suis caché dans la maison. Mais il y avait d
 es cadavres\, ou plus exactement un cadavre. Alors j’ai gagné les toits. C
 ’est là-haut dessus que j’ai vécu depuis.\nElle l’avait écouté sans bouger
 . Cette fois le silence fut un tout petit peu plus long. Puis elle dit :\n
 - Vous devez avoir faim alors ?\n- C’est pourquoi j’était descendu cherche
 r\, dit Angélo\, je croyais la maison déserte.\n- Félicitez-vous qu’elle n
 e le soit pas\, dit la jeune femme avec un sourire. Les brisées de mes tan
 tes sont des déserts.  Elle s’effaça\, tout en continuant à éclaire le pal
 ier.\n- Entrez\, dit elle.\n\n                             :- :- ::- :- :-
  :- :- :- :- :- :\nEXTRAITS  de « Je ne peux pas oublier ».\n« Je ne peux 
 pas oublier la guerre. Je le voudrais. Je passe des fois deux jours ou tro
 is sans y penser et brusquement\, je la revois\, je la sens\, je l’entends
 \, je la subis encore. Et j’ai peur. »\n« J’ai été soldat de le deuxième c
 lasse dans l’infanterie pendant quatre ans\, dans ces régiments de montagn
 ards. Avec M.V.\, qui était mon capitaine\, nous sommes à peu près les seu
 ls survivants de la première 6ème compagnie. Nous avons fait les Eparges\,
  Verdun-Vaux\, Noyon-Saint-Quentin\, le chemin des Dames\, l’attaque de Pi
 non\, Chevrillon\, le Kemmel. La 6ème compagnie a été remplie cent fois et
  cent fois d’hommes. La 6ème compagnie était un petit récipient de la 27èm
 e division comme un boisseau à blé. Quand le boisseau était vide d’hommes\
 , enfin quand il n’en restait plus que quelques-uns au fond\, on le rempli
 ssait de nouveau avec des hommes frais. On a ainsi rempli la 6ème compagni
 e cent fois et cent fois. Et cent fois on est allé la vider sous la meule.
  Nous sommes de tout ça les derniers vivants\, V. et moi. »\n             
                           :- :- :- :- :- :- :                             
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SUMMARY:Conférence Jean Giono
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